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Textes publiés - Page 16

  • Le Singe Vert, le Barbet de Ronsard et le train de Sète

    JE REPETE : MON BLOG EST EXCELLENT, VISITEZ-LE OU VOUS SEREZ PUNIS.

     

    L E     S   I   N   G   E      V   E   R   T            N° /  N r         8 9
    tibétain         piou (le singe) - djangkou
    SONGHAI            yargey (vert)  foono
    soninké         mollojima      founé
    Chute de reins.JPGsuédois             gröne apa
    swahili            kijani tumbili
    tagalog            luntian    unggoy
    tadjik             sabz maïmoun
    ISSN 1638 2825
    rédaction, impression, édition, diffusion : HARDT KOHN-LILIOM            29
    dit "COLLIGNON" pour simplifier
    4 avenue Victoria 33700 MERIGNAC    
    courriel : colber1@free.fr
    blogs : kohnlili.blogs.sudouest.fr
                dergruneaffe.hautetfort.com
        singevert.free.fr
        singevert.blogspot.com
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    CITATION  N°  1 1 4 5  - un barbet est un petit chien
    Petit barbet, que tu es bienheureux,
    Si ton bonheur tu savais bien entendre,
    D'ainsi ton corps entre ses bras etendre,
    Et de dormir en son sein amoureux !
    Ou moi je vis chetif et langoureux,
    Pour savoir trop ma fortune colmprendre.
    Las ! Pour vouloir en ma jeunesse apprendre
    Trop de raisons, je me fis malheureux.
    Je voudrais etre un pitaut de village,
    Sot, sans raison et sans entendement,
    Ou fagoteur qui travaille au bocage :
    Je n'aurais point en amour sentiment.
    Le trop d'eesprit me cause mon dommage,
    Et mon mal vient de trop de jugement - RONSARD


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    HORS – D' ŒUVRE :
     DANS LE TRAIN – ENVIRONS DE SETE

        Des millions d'humains prennent sur leur carnet des notes, sur ce qui s'est passé. En des millions d'exemplaires, j'écris. En des millions d'exemplaires, je téléphone, imitant ceux qui m'entourent. Un malheureux a péri sur les voies. Ça pétarada sec. Ça ne signifia rien. Nos gaz se seront échappés. Le temps ne sera pas organisé. L'odeur est insoutenable et nous  n'avons pas de radio. Reste-t-il du papier cul ? Le musicien compose une symphonie. La rame a-t-elle bougé ? Nous restons calmes. Au nom de tout ce qu'ils ont vécu, pissé, mangé. Les chiens humains fluorescents se relaient pour interrompre tout urineur au long des voies ferrées. Daniel-Rops est pompant. Klaxon. Pas encore d'annonces, mais des contacts électroniques s'établissent, des pressions se rétablissent. Redémarrage à 16h 45. Près de Sète, 24 mars 2061.

  • Fédora chez les moutons


    HUMILIATIONS subies et infligées par Fédora FEDOROVNA : St-Baud-de-Pulles,  les Flavies (Lozère), Avignon
    La Princesse marocaine se prostitue pour payer son voyage (nous ne devons le savoir qu'à la fin). Mais aussi : Fédora, « humiliée ».
    Les Flavies de Lozère
        Premier été : fenêtres mansardées, vue sur le plateau, hangars de tôle en plongée, prés ras et jaunes clos de pierres plates, bêlements confus et relents de crottins. Schulmann, autour de son nombril, médite sur la courtepointe ; elle existe ailleurs, au-dedans. Survient Fédora et Léna sa fille, et la  fille, Lydie, de cette dernière : trois générations. Toutes trois s'exprimant dans l'accent venaissin ; la plus jeune, à 8 ans, pense et parle comme à 6 Vache de Tulle.JPG
    .
    R. 76
        Notre  location domine en pierre de lourds vallonnements embrumés : « Chez Louvier », fin de saison. Mon mythe, un soir,  Fédora (« Tu as dû en croiser des milliers, de mythes comme moi. » Je réponds que non, que c'est impossible. Je ne suis pas de ces collectionneurs de culs. Lorsque j'aime une femme c'est pour la vie.) Me demande : “Me laisseras-tu dormir si je place mon lit à même, sous la soupente ?” Je suis sûr que non. C'est ma faute si trois générations femelles s'entassent dans la mansarde contiguë. À peine y peut-on y tenir dans la mixture des souffles. La Lozère est pauvre, il faut bien vivre ; mais la location est exorbitante.
        Une coursive tient la longueur du bâtiment. Trois portes sous-marines y donnent en batterie ; vis-à-vis, les lavabos fermés permettent une ablution antique avec des gants trop rêches. Premier lavé premier levé, déambulation seul. Repère sur un portail, cloué comme une chouette, un Notre Père dactylographié : “Ne récite pas Notre Père si tu n'es pas fermement décidé à respecter ses divins préceptes”. Le Chrétien place si haut la barre qu'on, n'y peut atteindre. Dimitte nobis debita nostra, sicut et nos dimittimus debitoribus nostris. « Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » : « aussi » - pour ne pas faussement comprendre « à proportion de ce que nous pardonnons nous-mêmes » ; mais  pardonner absolument.
        Le texte latin porte "remets-nous nos dettes", traces d'un temps où l'argent tenait lieu de réparation, où le péché, où le remords, tenait au déshonneur de ne pas rembourser, de ne pas compenser son délit, son offense. Le nom du Père aux Flavies est Angelo Nunhes, Angolais rigoureux. Et je n'imaginais pas autre chose. La mort guettait, nous avions tous dix ans de moins. Aujourd'hui décrépitude nous cerne. La paresse aux Flavies fut grande. Elle serait suivie par le pressentiment de la grande falaise dont le rebord bientôt cessera de fuir devant nous, tandis qu'à plat ventre et sous les coups de vent nous ramperons ralentis ou poussés vers l'abîme.
        En attendant la fin de toilette des femmes, je reviens à l'abri dans la soupente obscure insensible aux rafales. Pas encore mansardée. M'assieds sur le matelas pelé pour lire, où Fédora aurait dû reposer : couche déserte de tout corps, cabinet de lecture/. Une lampe brutale flashe un grand désir de lire, sur quatre étagères de bois, toute l'existence et la vie des Leloup, tenanciers mari et femme. Laquelle s'est broyée la main dans un quelconque  broyeur à grains. Serrées en désordre ce sont des publications naïves et lozériennes, plus un gros album de Poilu de Quatorze, avec ses cartes au pochoir, missives appliquées plume Sergent Major : les moindres gens du peuple écrivaient à nous faire honte en ce temps-là, entre les gouaches de leurs cantonnements.
        Celui-ci rapporte qu'on n'a pas formé sur place de gros et reluisants faisceaux d'étendards le jour de la Mobilisation, mais qu'on a pleuré, femmes et hommes - “la  fleur au fusil” sera pour un autre chapitre et en d'autres livres. Je découvre le Journal de Madame,  sombre histoire d'amour et de cul avec Ceux de la Pente ; depuis  chacun reste sur son gland-à-soi, six cents mètres et trente années plus tard : c'était ça aussi, les années 70. Au troisième rang, juste après l'occitan, tout un matériel de peintre. Nous avons emprunté, pour ne pas les rendre, tous les tubes les plus chers : Rouge de cadmium, Jaune de Naples, oubliés là en toute confiance, pour compenser la bouteille de gaz payée par nous, laissée presque vide par les précédents.

  • Le trou du quizz

    Etes-vous une femme ? 
    				Oui        _
      				Non        _

    Plot d'Uzerche.JPG

    				Autres     _
    Aimeriez-vous être 
    				Pute         _
    		        	Cultivatrice         _
    			Strip-teaseuse     _  
    Vous masturbez-vous ?
    				Jamais      _
    				Jamais      _
    				Jamais      _
    Aimez-vous les hommes ? 
    				Ben…        _
    				Euh...       _
    			C'est-à-dire...      _
    Votez-vous
    				A droite   _
    				A gauche   _
    				Au centre  _
    Votre mec porte-t-il 
    
    				A droite   _
    				A gauche   _
    				Au centre  _
    Votre tour de poitrine
    				90 C         _
    				85  D        _
    				A   10       _
    	----->    		cuirassé coulé.
    
    
    
    
    	    Le Docteur Pascal Matz habite chez lui clos. Il est âgé de 42 ans. Grand et chauve, couronne 
    bouclée grisonnante et fêtard, nombre de maîtresses incalculable, du moins pour un homme.
    Fut également marié. Divorcé à ses torts ; Karine née Bretzelheimer donna au sieur Matz la quantité,
    considérable en Occident, de trois enfants, de sexe indéterminé – ce matériau fera l'objet d'une autre
    narration.
    En ayant donc par-dessus tête et bête de tant de passades extraconjugales (ces mélanges
    d'hommes et femmes ne me font plus ni chaud ni froid, rien de tout cela n'étant survenu de
    toute ma vie, ni ne me semble chez les autres présenter la moindre vraisemblance : je ne vois
    en moi que désert sexuel et tout autour de moi), Karine obtint la garde exclusive des trois garçons.
    Certains pensent qu'elle épousa son avocat, qui aime bien les enfants. Les enfants en général.
    Ils vivraient dans le Cantal : au bout du monde - le Docteur Matz connaît la route : en remontant
    vers le nord-est par Fumel et Rouget, on gagne vite Aurillac, voire St-Flour. Mais à quoi bon.
  • Suite à "Fédora"


    R. 86 :
        Nous avons toujours été des admirateurs masochistes. Les autres voulaient nous améliorer, mais pour notre bien ! "Il suffit de vouloir". Cette fière Amazone m'aimait donc ?

    R. 87 :
        "Tu ne t'es donc jamais rendu compte que je te draguais ?" Je ne note que ce qui me rassure, je pianote du Claude François, "tougoudoup", présentation.

    R. 88 :
    Cet homme déclame "tougoudoup, tougoudoup" – cela veut dire attention à la mort derrière-toi, reste méfiant, et garde-toi de vivre." Les âmes ayant tout renié sombrent par la bonde de l'oubli éternel.

    R. 89, 90, 91 manquantes.
    R. 92 :
        Omer me confie ses textes poétiques.

    R. 93 :
        Une vieille est amoureux de lui. Monsieur fait le dédaigneux, comme moi jadis Gare St-Jean. Qui pardonne les humiliations que j'ai fait subir ? Le vieille ivrognesse du palier des Terres Fermes. Omer deviendra adulte et jouera dans le bac à sable.

    R. 94 :
        Les Bruxellois repartent sur la Côte. Mes explorations tandis qu'Arielle pionce. Les goudronniers en bas de pente, l'ermitage pour l'instant désert, la cloche sous son épais grillage.

    R. 95 :
        Chats faméliques de Grèce, d'Arcueil sous la pluie, de Laroque-lès-Ganges. La Vierge en plein soleil, la boulangère de Sumène, les fêtards en panne d'essence. Exposition de St-Romans.

    R. 96 :
        Photo d'Arielle sous les branches. Avec Te-Anaa nous vivrions dans une petite maison aux volets bleus. Ganges, le petit banc près du transformateur, le "magnon", le glas, les glaces.

    R. 97 :
        Le vieux couple baba cool poignant ; le barbu saluant tout le monde. Le couple mal assorti dans la barque à Villefranche. Le bouquiniste de Ganges propose une exposition, nous voyons celle du peintre aux écailles de poisson.

    R. 98 :
        Je flingue avec désolation le peintre sur son livre d'or. Le peintre de Bergerac qui me traite de connard. Les spectacles qui vous relâchent aussi démunis qu'avant, ma scène après Bakhti sous les murs d'Avignon.

    R. 99 :
        "Ce n'est pas mon ami" à un Noir. Lydie recule sur le gand escalier. Fédora s'imagine faire l'homme en la rudoyant sans cesse. Minuscule appartement rue de la Cavalerie. Elimination des animaux, pour que Lydie surtout n'aille ni s'attacher ni se consoler. "Je veux qu'on me soit reconnaissant"...

    R. 100 :
        Après un si grand crime, je n'ai plus qu'à disparaître. Tous les inconvénients de la ville, tous les inconvénients de la campagne. A Montpelllier, il y a des hommes. Moi je ne vois que ce qu'on veut faire pour moi. N'ai pas acheté "Le secret de grand-mère".

    R. 101 :
        Tombereaux de hargne. "C'est toi la merdeuse". Les enfants "répètent tout comme un perroquet". Dans le Putois j'ai fait connaissance d'une petite fille. Le soutien-gorge sur la tête, le boute-en-train de L'été meurtrier.

    R. 102 :
        Nous avions oublié notre appareil et 600€. Arielle est devenue Miss Buchenwald. Piques aigres-douces et baffe dans la rue. Fédora abandonne la danse et ses yaourts, Olegario bouffe la merde de ses gardiens.

    R. 103 :
        Olegario a expédié le douanier. Chansons âpres aux thèmes traditionnels. Fais un enfant à la fille de sa maîtresse. "Ce livre et cette photo traînent là, mais ce type ne m'est plus de rien." Lydia et Fédora l'ont tout de même mytifié.
    R. 104 :
        Sont allées au Brésil. Mon arrivée à Montpellier, le trimballage de la valise à roulettes. Fédora me raccompagne à l'hôtel et baise avec moi.  « Maman, quand est-ce que je pourrai coucher avec un mec ? » Fédora est « humiliée » par notre saleté chez nous - moi aussi, par la haine qu'elle déverse sur sa petite-fille. Peut-être suis-je resté trop indifférent à la formation de ma fille à moi.

    R. 105 :

    L'escalier au plastique.JPG


        Fédora n'a pas la moindre notion du massacre qu'elle perpètre. J'éclate hors de propos. J'espère en une résilience de Lydie, je suppose un droit de visite d'Olegario. « Arielle n'est pas une vraie amie, elle interrompt toujours les coups de téléphone ». Je ne pense pas que Lydie se précipite au-devant des caméras comme les Noirs sous l'apartheid.