Adieux à Daniel-Rops
"Ainsi, elle s'enfonçait, volontairement, sur une route dont elle aurait pu dire elle-même qu'elle n'avait aucune issue. Le sentiment d'être en danger et déchirée au fond de son être lui donnait une rigueur désespérée. Dans les trop brefs instants où elle pouvait rencontrer Jean, il fallait qu'elle épuisât l'éternité de leur passion, et son visage avait pris un éclat étrange, comme si le feu intérieur transparaissait sous la peau. En six mois, son amour avait atteint à une telle intensité qu'on eût malaisément imaginé qu'il pût monter encore. Le soir même du jou où elle avait rendu visite à l'abbé Pérouze, elle avait rejoint Jean - les jours plus longs étaient peu favorables à laur amour, les tristes jours d'hiver les dissimulaient mieux - encore bouleversée, et elle lui avait dit :
" - M'aimeras-tu toujours ?" Oui, cela sonne étrangement, un peu roman-photo ; mais les rapports d'homme à femme ne ressemblaient pas du tout à ceux ce maintenant, ils étaient très "roman photo" justement. "Non, tais-toi, ne réponds pas... Ce ne sont pas des mots qui peuvent répondre.
ARTISTE, CONTACTE-MOI SANS ME FOUTRE DE PROCES AU CUL. MERCI.
" Il lui caressa doucement le visage, sans parler.
" - Pardonne-moi, ajouta-t-elle aussitôt. Je suis folle. Pardonne-moi." Après tout, peut-être que les amoureux disent auttant de conneries de nos jours qu'autrefois. "Je ne te demande rien, Jean, tu sais bien, que la permission de t'aimer.
" Et elle se blottit contre lui, enfantine, plus calme.
" Elle ne savait pas ce qu'il pensait. Il la jugeait excessive, mais l'aimait telle. Elle avait raison, cela ne pouvait durer. Mais quoi ? Mathilde ?" Eh oui, la femme légitime, toujours malade, jamais crevée ! "Une ombre passait sur son front et, dans ses yeux, un dur reflet. Cela ne pouvait plus durer, mais cela ne pouvait pas changer non plus. Lui aussi jugeait que la route était barrée, et il ne voulait point penser plus avant.
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Souvent, à l'instant où, renonçant à choisir, l'être s'abandonne au hasard, il semble qu'une force inconnue se substitue à sa volonté et le contraigne. Un incident, qu'elle percevait depuis longtemps, allait livrer Laure au destin qui la menaçait." Tatatah...
"Un jour de juin, les deux seurs Salperrat parlaient dans un coin du préau avec Mlle Louvetin. Laure, qui s'approchait d'elle à leur insu, entendit un fragment de conversation. - "Elle va tout le temps sur la route des marais, après la gare. Mlle de Vastris, vous savez, qui habite à Très-Bras, m'a dit qu'elle la voyait passer souvent. - Il ne faut pas juger sur les simples apparences, répondit Mlle Louvetin. (Tiens, pensa Laure, elle est meilleure que je ne croyais). - Mais je vous dis qu"on la vue, et pas seule..." reprit l'aînée des Salperrat, la vieille fille aux cheveux jaunes. Elle se mit à rire. Les autres lui firent écho.
- C'est vrai que c'est le gendre du sénateur ?"
Bref, ragots et caquets. Un roman prenant, suranné, mais si vous y plongez, il vous hantera, et même vous obsèdera. Mort, où est ta victoire ?" de Daniel-Rops. Sans curailleries.
(compter 33 lignes et ce sera la page 80) (62 08 04)