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Par ma porte ouverte

Pas d'images, disparues dans les entrailles insondables des fausses manœuvres...

L'EXTERIEUR PAR MA PORTE OUVERTE

 

 

Ce carnet me fut offert par mon épouse Anne-Marie le jour de notre 48e anniversaire de mariage. Nous nous sommes toujours efforcés de vivre comme des personnages célèbres, conduits par nos caractères à la plus douloureuse obscurité. Cet étrennage du carnet a pour cause une grande lassitude de décrire incessamment mon propre bureau et ce qu'il y a dessus, téléphone, clavier ou écran. Actuellement, je siège au bout d'une table de jardin, par temps frais et supportable, tandis qu'Arielle garnit le cul d'un petit cageot cylindrique de graines de tournesol. Elle ne vit que par les mésanges qui s'en nourrissent, mais ceci est une hyperbole. On entend aussi des corneilles, de légers bourdonnements, et les pas lents de la Nourricière d'oiseaux.

Cette table allongée, ronde à ses angles, est recouverte d'une nappe de plastique jaune sale, aux motifs végétaux (bouquets mauves, poignées d'épis ligaturés. Des feuilles mortes la souillent ou l'ornent, parfois balayées par des jets d'eau que je proclame "nettoyages". Sur le côté droit s'accotent trois chaises, inclinées de façon que la pluie ou toute autre humidité puissent s'écouler sans condamner le cul à des bains de siège. En face, un dossier blanc, un autre qui le surmonte incliné comme les autres sur toute la longueur de la table. De moi à l'autre bout, nous voyons : un premier lot formé de ce carnet, dont je suis les lignes stimulé par ce retour à l'écolier ; à gauche les notices ou emplois du temps, tapés à la machine. 

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