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Les Pathétiques

Aussitôt, elle éloigne sa jambe. Comment peut-elle croire que je la désire ? elle attend "l'homme de sa vie" ! Touchant. Elle me plaît, sans me plaire. Il faut toujours que la conversation s'échauffe, deux bons quarts d'heure, avant que l'approfondissement ne vienne. Alors, oui, nous pouvons échanger, sur Dieu ou le bien-être, ou l'une de ses nombreuses connaissances, souvent très âgées, à qui toujours il arrive des aventures extraordinaires et des malheurs passant le commun. Qu'est-ce qu'une amitié ? Rencontre-t-on ses amis au petit bonheur dans sa vie ? Les avons-nous, nous ont-ils véritablement choisis ?
    Quelles relations entretient-elle avec Albergouine, malgache envoûtante que sotte ? Pourquoi le petit amour d'Albergouine,  ce petit juif sec et noiraud, trimballe-t-il toujours avec lui son infect matou galeux ? Portraits, portraits... il n'y aura donc pas d'intrigue ? Peut-on écrire autrement qu'en dénigrant ceux que l'on a connus ?

LE PASSE DE Benoît
    Sa femme un jour et sa belle-mère se sont jetées ensemble par la fenêtre, dans un accès de dépression. Quel esprit survivrait à telle catastrophe ? On fait passer cela pour un accident de voiture. Ce qui s'appelle deux cadavres dans le même placard. Mais la fille, nommée "République", sait qu'on lui ment. Quelque part, elle sait. Jamais que je sache elle ne s'est renseignée sur ce fait-divers. Il devrait bien en subsister quelques traces dans les journaux. Bientôt elle mettra au monde un petit métis, bientôt elle reviendra chez son père Jean-Benoît, avec Nelson son amant de Guyane. Alors une femme, une mère, occupera les lieux-d'en-bas, et leur redonnera éclat et propreté.

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    Benoît fut cinq fois père. Il ne revoit pas ses enfants. La famille adverse veille, du haut de son témoignage de Jéhovah. Il n'y a pas que les musulmans et les juifs à être cons. Cette vision familiale reste pour moi très brumeuse. Dès qu'on me les éclaircira, j'en ferai part ici. Jean-Benoît, ayant ouï-dire par moi-même (quelle imprudence) que j'écrivais sur lui, serait curieux d'en apprendre davantage. Mais rarissimes sont les amateurs de littérature, qui savent l'inanité de certains reproches : "Tu m'as caricaturé, tu n'a pas le droit d'écrire cela de moi, de nous. Tout est inexact, tout est faux, et je t'attaque en justice". Quelle importance de se reconnaitre, ou que les proches vous reconnaissent : qui êtes-vous, pour vous estimer si importants ?
    Ceux qui liront cette histoire se soucieront-ils des modèles, réels ou supposés ? Ha ! les petits importants, dressés sur leurs ergots ! Ce sont les mêmes qui refusent de voir leurs têtes sur les sites informatiques. Ô ineffables poussières ! Jean-Benoît me remet en main propre une autobiographie abrégée sur trois pages. Elle insiste sur tout ce que la musique a pu lui apporter. Et passe sous silence les aspects névrotiques de sa vie, les seuls qui m'importent. Jean-Benoît le dit, cela ne saurait intéresser quiconque. Il ne se rend pas compte de la détresse de ses propres toiles. Il aligne, en réalité, d'ingénieux exercices dépourvus de toute émotion transmise.

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